White Spirit

Stéphane cherche à traduire du sensible sur des publicités d’ameublement, de design, des intérieurs froids sans vies et sans humour. Elles ressemblent à des scènes de théâtre, où l’immobilité et la neutralité de beaux décors austères participent à la dramatisation. Des corps blancs, fantomatiques, exsangues, saisissent des postures de la danse contemporaine. Cela peut être aérien, en apesanteur ou bien nerveux, épileptique.

A l’aide d’un vocabulaire pictural minimaliste, il soulève les zones d’ombres de la société d’aujourd’hui. La routine dépressive de l’ordinaire trouve l’issue de la force de la danse, entre domestication et libération, tension et volupté. Même la maladie, le deuil, sont suggérés par l’ellipse, le songe et le fantastique. Une inquiétante étrangeté. Ses figures lunaires révèlent l’irréalité à laquelle nous condamnent nos sociétés d’apparence et de leurre.

Stéphane dénonce les comédiens que nous sommes devenus, acteurs plus qu’artisans de nos vies, obligés à l’artifice dans un monde sur lequel personne n’a plus de prise. Les conflits intimes explosent dans des sauts ou des roulades au sol pour mieux dire la rage et la défaite. Eruptifs. Exutoires. Dialectique du pur et de l’impur, chaos et unisson. La vie et la mort.

NB : Début 2012, « Danser sa vie » était une exposition du Centre Pompidou proposant un parcours dans l’histoire de l’art de ces cents dernières années autour de la danse et l’art visuel.

White Spirit